gruyeresuisse

12/05/2020

Les abîmes visuels de Wantuch Waclaw

 

Waclaw.pngPour Wantuch Waclaw la nudité possède son propre silence et son propre langage. Mais pour cela - et comme l'attiste le propose - il faut le dégager de la simple représentation. Dès lors l'artiste la sculpte en des jeux d'ombre et de lumière de poses cérémonielles. L'oeuvre se venge des simples miroirs. Les formes se laissent voir en une quasi abstraction.. Le corps est là et il échappe. L’érotisme n’a rien des plaisanteries des gravures japonaises et l’empire des sens lui-même s’écrase dans des coquilles labyrinthiques.

WACLAW é.jpg

 

Le corps devient forme pure. Qu’importe si la fusion dans le réel n’est pas au rendez-vous. Une théâtralité se dresse comme une face cachée du monde. C'est un choix délibéré pour transmettre des idées subversives par l’appel non au scandale ou la gêne que supposent la grossophobie comme la vision de l'anorexie. Surgissent des abîmes visuels dans l'imbrication du théâtral et d'une forme de narration très particulière. Le tout entre clôture et invitation sensorielle.

 

wACLAW  3.jpgLa présence charnelle est moins immédiate que cette distillation. L'érotisme ne représente plus une manière de créer un contact avec le voyeur mais une distance. Celui-ci accomplit une avancée vers quelque chose qui n’a plus rien à voir avec un charme mais avec  l’étrangeté éruptive dont l’attrait reste mystérieux. Une poétique de l’outrance et de la rétention correspond à aucune règle, à aucun modèle clos et défini afin d’explorer les limites de l’éros et la condition du regard.

Jean-Paul Gavard-Perret

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