gruyeresuisse

06/05/2020

les femmes sous influence - ou non - de Marianna Rothen

Rothen.pngParesseuses (rarement), sophistiquées (souvent), apeurées ou audacieuses des femmes de Marianna Rothen jouent des jeux dangereux mais voluptueux. Elles proposent des scenarii pour diverses inductions en duo ou en groupe dans leurs lignes de grains là où les prises créent des harmonies entre le bas et le haut au milieu d'étoiles plus ou moins filantes animées de d'audace, gravité mais rarement de total abandon à l'approche du stupre et de la fornication.

Rothen 3.pngLa femme devient l'image d'une présence-absence, proche-lointaine, englobante-inaccessible et représente, par excellence, l'incarnation qui joue d'elle même. Les égéries engagent pleinement leur corps dans la quête de la perfection plus que dans l'abjection, l'épuisement  ou l'abandon. Tout n'est que suggestion, possibilité multiple et captivante vers le plaisir.

Rothen 2.pngLes femmes sont de magnifiques amantes, fascinantes, d'une beauté qui n'a pas fini de ravager. Elles sont non seulement un mystère mais tout un savoir qui va de la physiologie à l'anthropologie. La photographe sait que parler de l'énigme de la femme, de son mystère, de son culte risquent d'irriter les sensibilités féministes. Et il y a eu sur ce plan bien des récupérations aliénantes mais la femme selon Marianna Rothen est une essence qui n'apparaît que pour disparaître aussitôt. Le rapport au modèle débouche constamment sur un rapport à soi même voire un mouvement de retour vers la mère, laquelle règne jusque dans le corps des amantes.

Jean-Paul Gavard-Perret

Marianna Rothen, Little Black Gallery, Londres

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