gruyeresuisse

25/04/2020

Remède à la mélancolie : Jean-Marc Scanreigh

Scanreigh 4.pngJean-Marc Scanreigh sait retenir des morceaux de corps et les dégager de leurs enveloppes de pauvres errants statiques plantés dans le paysage. Il offre au regardeur le pouvoir de remonter le temps vers des mythes inconnus en creusant des images qui s’entortillent ou se redressent pour remonter à une source vitale.

Scanreigh 2.pngL'espace - fécond et déchiqueté - est fendu de "crucifiés" ou d'animaux de nouvelles espèces. Ils n’ont peut-être rien à dire mais encore beaucoup à montrer. Il s’agit une fois de plus de penser l’être non en "omission" mais en  actions (parfois subies)  dans les palettes colorées et complexes et des lignes où tout s'agite selon de nouvelles façons de s’envoyer en l’air.

Scanareigh.jpgEst-ce le signal pour renoncer à la terre pour retrouver le ciel ? Pas forcément car l'oeuvre peut se lire de bien d'autres façons. De telles images ne sont pas de celles que les communiants pouvaient mettre jadis dans leur livre de messe néanmoins leurs «fruits» ne sont pas interdits. D’autant que l’humour demeure toujours ou presque présent.

Scanreigh 3.pngLes personnages sont moins en appétits libidinaux que de passage dans les caprices du temps là où les hautes eaux semblent baliser l’espace. Pour leur échapper  il semblerait propice de sortir les épuisettes et aller pêcher la crevette. Mais Scanreigh préfère le tir de foire. Rocambolesques ses images font leurs tours de piste en des cirques improbables..

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Jean-Marc Scanreigh, "Frontière Noire" (avec Sylvain Cavaillès), Editions Mémoire Active, 2020, 15 E., "L'avaleur avalé" (avec Armand Dupuy), Editions Le Réalgar, 2020, 14 E. "Petites pièces en sous-sol", Librairie Pierre Barvo Gala, Paris, exposition du 14 au 24 mai 2020;

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