gruyeresuisse

17/04/2020

Disparition du Magicien Markus Raetz

Razra 3.pngUn des plus grands artistes suisses vient de nous quitter. A cet instant on se souvient d'une de ses œuvres emblématiques "Zeemannsblik" -plaque de zinc ondulée pour marquer une ligne d’horizon, non peinte, qui selon la lumièreet la distance renvoie des effets de paysages très différents Elle donne tout l'ampleur de ce créateur majeur. Il s'intéressa aussi aux relations entre l'image mobile et immobile par exemple au moyen de 1525 dessins de visages qui tourne sur une roue qui pour donner naissance à un dessin animé ("Eben"). "Drehungen" est une autre œuvre majeure de l’artiste : 16 photographies noir et blanc suggèrent le mouvement d’une tête présentée dans un espace spécialement construit pour ce travail.

Raetrz R.pngLes polaroïds en tant que "faux" documents permirent souvent à Raetz de créer un moment de l’exploration du fixe et de l’animé, plaçant le spectateur dans la triple position de l’observateur, du voyeur, du découvreur. Il suffit parfois de trois branches d’arbres, idéalement disposées, celle du milieu se fendant en deux dessinant ainsi un triangle, pour former de belles courbes féminines ("Eva"). Le buste d'une jeune fille au cou de cygne se transforme en l’espace de quelques pas en solide colonne phallique ("Brustbild").

Raets.pngFormant, déformant, transformant le réel, Markus Raetz métamorphose le monde au sein d’une réflexion sur le «devant-être» des choses mais aussi sur le moment si important de l’entre-deux pendant lequel une forme n’a pas encore les qualités qu’on attend d’elle. L'artiste a toujours considéré ses expositions comme de grandes installations permettannt de mettre en évidence divers aspects de distorsions et d'anamorphoses. Rartes sont de tels créateurs capable de leurrer les habitudes de notre regard et de se faire le magicien de l'illusion pour que l'image ne soit plus représentation mais interjection.

Jean-Paul Gavard-Perret

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