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23/03/2020

Patrice Vermeille : le furtif et le fuyant

Vermeille 2.jpgPeintre et graveur, Patrice Vermeille pratique aussi le dessin numérique dont il est un des pionniers. Cet attrait pour le dessin assisté par ordinateur ne l’empêche pas de se référer aux œuvres anciennes, comme ses deux tableaux de 1976 en hommage à l’œuvre d’Anne-Louis Girodet.

 

 

 

 

Vermeille.jpgL’artiste navigue entre des préoccupations classiques : espace tracé au nombre d’or, peintures où la présence du spirituel et du réel font référence aux théories de Kandinsky. Mais son langage se caractérise par la force d’un dessin acéré, tranchant, qui semble définir un espace de chaos là où les formes éclatent, sont en expansion jusqu'à sortir du cadre là où se distingue une sorte figuration ambigue, sans sol, ni horizon. L’épaisseur et l’estompé y jouent comme le prouvent ses illustrations de textes : "La mer anthropophage" de Xavier Déjean, "La moitié du geste" de Bernard Noël ou "L'aile froide" de Roger Caillois chez Fata Morgana.

Vermeille 3.jpgInfluencé par le réel, le dessin s'en dégage afin de faire jaillir de l'imprévu. Mais le doute existentiel est dépassé par des images qui deviennent des hypothèses vitales où le monde tente de se réanimer. Surgissent des lieux vides où des tables sont néanmoins dressées pour qu'une prolifération humaine viennent les animer.

Jean-Paul Gavard-Perret

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