gruyeresuisse

21/03/2020

Les libérées de Colette Deblé

Deblé 2.png"La même aussi" se dresse, isolée dans chaque page, confinée (elle aussi...) car dégagée de son contexte initial. "J’arrache, extrais, isole, ravis, détache, extirpe la femme du contexte, paysage, situations, activités, compagnons, compagnes, représentations, places, mises en scène mythologiques, toilettes, intimités, vanités, époques, patrie. " écrit l'artiste pour donner à la femme la place dont elle a été dépouillée dans l'art et l'Histoire.

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Une vérité profonde émerge contre la dépertition. Arrachements, extractions, découpes permettent aux femmes de voyager libre là où elle s’enfante en renaissant.  Existe ce qu'elle nomme le "multiple assigné au papier, l’hyperbole infinie de la destinée au féminin en grâce et en lutte".

 

 

Deblé 3.pngContre la violence la créatrice opte pour la douceur dans des chemins qui rétablissent une justice. « Je suis le trait qui retient les choses, le trait de l’apparition, la mémoire, celui qui reste contre la mort. » écrit Colette Deblé. Ses femmes ne sont ni des saintes, ni des figures figées. Elles s'ébrouent vivantes et libres quel que soit leur origine : paysannes, révolutionnaires, religieuses, indiennes, faunesses, archétype. Toutes sont détachées de la typologie qui les fige et fixe. La vie avance dans leur guirlande.

Jean-Paul Gavard-Perret

Colette Deblé, "La même aussi", Aencrage & Co.

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