gruyeresuisse

09/03/2020

Norbert Bisky : le bal des héros

Bisky.pngNorbert Bisky assume et revendique ce corps gay comme glorieux. Ce sujet érotisé du "même" est présenté sans le faire tomber dans la moindre obscénité. La peinture évoque l'importance de fibres musculaires en s'amusant de tous les codes homos avec une jouissance joyeuse. La scénarisation tient de l'exhibition et de la revendication des stéréotypes de puissance là où les noctambules berlinois ou d'ailleurs brûlent de leurs feux.

Bisky 2.jpg

De magnifiques éphèbes la peinture célèbre le "récit plastique". Et de tels héros intiment au regardeur  l'obligation d'être "ravis" en des scénarisations presque "obligées" où il peut glisser. Il n'est donc plus question de couler du verre autour de tels corps pour en faire ceux de défunts momifiés.

 

 

 

Bisky 4.jpgBisky reprend  la "corporéité" à pleines mains loin du repli de l'imaginaire. Le corps renvoie - non sans humour - à une gloire "céleste" de l'image éloignée de toute vision sulpicienne du corps. La figure masculine devient celle des héros d'aventures et de guerres en une célébration païenne. Emergent le réalisme de la nuée déchirée et de la clarté déchiffrable car libre.

Jean-Paul Gavard-Perret

Norbert Bisky, «Desmadre Berlin», Galerie Templon, Grenier Saint-Lazare, Paris, du 14 mars au 9 mai 2020.

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