gruyeresuisse

01/03/2020

Les ciseaux et les rêves : Lydie Planas

Planas.pngA la césure du souffle, dans l'affrontement du dire "S’enchapent les mains, (..) / S’engloutit la mémoire à l’archet du temps /S’entrelacent les signes à la mesure de l’écho" de ce qui ne se dit que sous forme d'ébauche dans la pudeur des sensations perdues. Reste la rocaille du basculement dans les pénombres du passé. Quelqu'un manque et soudain comme disait un autre poète tout disparait. Mais tout se brosse aussi - comme la couverture du livre- de violet. 

 

Planas 2.jpgMais sans bouquet que Lydie Planas aimait pourtant cueillir. De l'amour ne reste que les traces. Pas même le verbe aimer quand " me tourne l’aile d’elle sans retour d’elle, s’ourle l’elle sans aile à lui, rouet qui m’entourne, m’enroule, me roule à tordre le rire du fil de lui". Entre les déroutes et les éboulements du désir et ses anciens enroulements et soulèvements "se démembre l’ombre du corps au ressac de mes jambes". 

Planas 3.pngDe ""l'autiste silhouette", de la folle admiration qu'elle causait ne demeure qu'un non lieu sans terre, eau, ciel. Et c'est à peine si les plus pudiques des larmes s'émettent en suspens là où la solitude démesure le temps une fois que ses cordes se sont retirées et que tout se dit dans le vide et  à tristes tires d'ailes. C'est ainsi que Lydie Planas répond maintenant que rien n'oblige sinon d'un nécessaire abandon.

Jean-Paul Gavard-Perret

Lydie Planas, "Je anatomique suivi de Dites", Richard Meier, VOIX éditions, 2020.

14:48 Publié dans Femmes, Lettres | Lien permanent | Commentaires (0)

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