gruyeresuisse

04/02/2020

Philippe Thireau : parfum de poudre à la violette

Thireau.pngReprenant une situation chère à Rimbaud et Ramuz, Philippe Thireau - en une suite de fragments et reprises - raconte l'histoire du soldat et de la jeune fille violette. L'auteur joue de situations et d'un langage qui mêle de l'ancien et du neuf. S'y rejoue ce qui s'est passé pour beaucoup de jeunes français appelés sous les drapeaux lors de ce qu'on eut du mal à nommer "Guerre d'Algérie".

 

Thireau bon.jpgL'écrivain mêle épopée et exorcisme dans une histoire d'eaux : celle des oueds du Magrheb comme des torrents qui ravagent les campings lors des orages d'été. Ces fragments sont eux mêmes propres aux tremblements et débordements. Ecrire sur les gestes devait être l'intention de l'auteur au départ. Puis sont venus en foule tant d’images et d’instants, tout en même temps : les poteaux télégraphiques, le son des corbeaux, la pluie et le soleil.


Thireau 3.jpgSynchronicité ou dissonance, plusieurs niveaux s’enchevêtrent, les voix relient des contraires. Des histoires se rencontrent pour un récit subjectif : c'est voir quelque chose comme autre chose, regarder quelque chose avec une certaine distance, y voir non pas l’éternité de la mort mais l’éphémère, l’impermanence de l'amour. Il s’agit peut-être de se laisser perdre. Puis la danse est venue dans un silence de mort , clic et claque.

Jean-Paul Gavard-Perret

Philippe Thireau, "Mélancholia", coll. Tinbad fiction, Tindbad 2ditions, Paris, 2020, 52 p., 11,50 E..

Les commentaires sont fermés.