gruyeresuisse

09/01/2020

Arno Camenisch : le grisant des grisons

Camenish.jpgArno Camenisch, Ustrinkaya" et "Derrière la gare", traduits de l'Allemand (Suisse) par Camille Luscher, Quidam Editeur, Meudon, 2020, 106 et 100 p., 13 et 12 E..

Pour un lecteur - comme l'auteur de ces lignes - qui ne connait pas l'allemand, il est difficile d'estimer quelle part il revient à l'original ou à la tradition dans l'impression partiellement déceptive que laissent ces livres. Ils ont pourtant de quoi séduire. Le sujet, le propos ne sont en rien discutables. D'un côté un monde en voie de disparition  là où se brassent les grandes questions existentielles derrière  le comptoir d'un bar à bières familial, de l'autre la vision d'un village suisse par les yeux d'un gamin hâbleur au langage particulier.

Camenish 2.jpgDans les deux cas les textes ne sont jamais dénués d'intérêt - bien au contraire. Mais là où le bât blesse tient à la manière dont sont écrits de tel récits. Les expressions idiomatiques qui se voudraient "à la Zazie dans le métro" sonnent sinon mal du moins de manière qui fait des narrateurs et personnages des poseurs.

 

Cameich 3.pngLe langage standard est remplacé par une langue non formatée mélange de diverses influences (le romanche, entre autres).  Pour autant dans ces chroniques le miracle espéré est entravé par ce langage particulier plus vieillot et compassé  que vraiment corrosif et naïf. Il casse une partie de la poésie des deux  ouvrages que ce langage a pour but d'initier. Le lecteur reste forcément sur sa faim même s'il voudrait trinquer dans un tripot  d'une bourgade helvétique qui échappe aux clichés.

Jean-Paul Gavard-Perret

12:26 Publié dans Lettres, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

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