gruyeresuisse

02/12/2019

Le ductile et le délicat : Isabelle Battolla

Battolla.pngLa céramique peu devenir la musique du silence. Que se passe-t-il dans l'état d'union de ces deux éléments ? Y a-t-il une vie en gestation ? Comment peut-on la qualifier ? Le volume est uni à la surface par l'enduit qui le recouvre. Pourquoi les séparer ou pourquoi les unir ? Un peu comme dans les Romances sans paroles de Mendelssohn où les sons restent parfois porteurs de douceur qu'ils retiennent, mais parfois forts, comme des pointes dont l’intensité accapare, déborde.

 

Battolla 2.pngIsabelle Battolla propose une insistance et une délicatesse : la première sert afin que la seconde ait tous ses attributs qui permettent de répondre à la question : Pourquoi la ligne vole ? Mais chez la créatrice elle ne s'érige pas comme chez Chagall qui - lui - voulait tout renvoyer à une mystique évanescente. La matière ramène ici au domaine physique même si elle nourrit des voyages mystérieux de l'imaginaire.

Battolla 3.pngL'image invente une autre emprise mais tout aussi opposée à celle qui se passe dans le domaine sexuel - même si ce dernier n'est pas totalement absent d'un tel univers des formes. Attente et espérance sont proches l'une de l'autre. Avec des volumes gorgés de secrets. La Genevoise en reste l'ordonnatrice. Il faudrait la saisir en ces moments préparatoires pour voir comment tout cela se fabrique. Mais que verrait-on au juste ? Les formes ondulent parfois pour fermer, retenir. Mais pour ouvrir aussi. Cela donne la vie.

Jean-Paul Gavard-Perret

Isabelle Battolla, espace Ruine, Genève, 11-15 décembre 2019.

 

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