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24/11/2019

Rinny Gremaud et Mathieu Bernard-Reymond : de l'obscur à la lumière

Gremaud 1.jpgRinny Gremaud et Mathieu Bernard-Reymond, "Splendide", galerie Heinzer Reszler, Lausanne, du 30 novembre 2019 au 11 janvier 2020

«Comment savoir quand nos sens doivent se reposer ? À partir de quand en a-t-on marre de voir, d’entendre, de sentir ?» Telles sont les questions sur lesquelles s’arriment Rinny Gremaud et Mathieu Bernard-Reymond dans leurs mises en scène ou en abîme. Elles prouvent que lorsque  "le mal de l'image est fait" il est toujours possible de rebondir. Et les deux artistes proposent des moyens de faire redémarrer leur système.

Gremaud 2.jpgIls l’activent au nom de connaissances et de souvenirs. Celui par exemple d'un vieux pin. "Chaque année, je disais à mon frère : « Dis donc, il penche de plus en plus cet arbre. »"  Il a fini par tomber. Dans sa chute il a ouvert un trou de plusieurs mètres. Et par de tels anthrax il arrive que s'ouvre un imaginaire. Si bien que pour les deux artistes chaque objet devient l'objet d'une fuite dans le cosmos par tout un jeu de lumière impressionniste et expressionniste. Il y a là des collines et des galaxies où le regard se perd.

Gremaud 3.jpgC'est une manière de remonter l'espace entre les temps anciens et les avatars et aventures de la technologie moderne. Des objets anodins dans des parures d'étoiles créent un espace où temps et lieux se mêlent en des déflagrations poétiques optiques. Les plasticiens inventent leur propre ordre dans l’attente d’une assomption ou de la cassure. Et, après tout, qu’importe le sens ? Nulle direction à prévoir : il s’agit de réagir à l’instinct avec le peu qu’on sait et que le temps accumule à mesure qu’il accélère jusqu’au moment où sa sédimentation est emportée avec le vivant. Cela n’a rien de « farcesque » (Montaigne) mais devient la preuve que l’obscur crée la lumière

Jean-Paul Gavard-Perret

10:05 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

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