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23/11/2019

Valérie Horwitz : une forme de liberté

W.pngValérie Horwitz, in "LIBRES", Cacy, Yverdon du 23 novembre 2019 au 9 février 2020.

Grâce à ses interventions pédagogiques en milieu carcéral Valérie Horwitz a créé plusieurs séries : "Peines mineures" (2019) et auparavant "Couleurs B", "L'image, le monde" et "Fragments d'ombres". L'artiste - que Barbara Polla a su remarquer dans ses recherches sur la prison - est intervenue au quartier des femmes mineures des Baumettes (Marseille) en 2017 d'abord pour appréhender le contexte puis créer un atelier photo sur plusieurs mois.

W2.pngUne détenue d'origine serbe - Samantha - est devenue le vecteur de son travail. La photographe s'est mise à son écoute comme de celles qui sont souvent, par leur culture et valeurs, bien diférentes d'elle. Pour les "dire" elle sait "donner plus de place au corps. Le corps qui fait signe, le corps comme langage". Chaque image devient un instant capturé (mais libre) en particulier dans la cour de promenade : "pas de surveillantes, moins de contraintes d’espace, et une lumière naturelle. Les filles s’adossent au barreaudage pour profiter des derniers rayons de soleil".Valérie Horwitz et ces jeunes femmes parlent de leurs corps. Il est d’abord question de respect et de croyances puis d'appels à la liberté.

W3.jpgAvec Samantha elle se livre à un dialogue photographique où le corps de la détenue, sinon se libère, du moins se déploie. Cela vaut tous les discours. Aux marges du privé et de l’érotisme la photographe poursuit une quête paradoxale. Elle saisit les reflets dérobés au fond de la caverne des femmes prises dans des filets. Elle est capable de mettre une grâce dans leurs formes afin de rétablir leur charme clôturé par l'enfermement et une sorte de disparition. Le tout dans un travail d’empathie afin de saisir ce qui échappe.

Jean-Paul Gavard-Perret

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