gruyeresuisse

18/11/2019

Marie Morel et les si reines

Morel.jpgMarie Morel a choisi de "charger" ses toiles pour faire jouer les figures en différents effets de répétitions là où les corps s'enlacent dans une animalité douce. L'amour se déconstruit et se reconstruit avec humour. Personne ici ne compte pour des prunes. Sauf celles de Cythère. L'artiste abat les cartes (dames plutôt as de coeur) et pour séduire il n'est pas besoin de plonger dans le silicone de leurs vallées et collines.

Morel 2.jpgLes muses s'amusent entre elles. Mais leurs jeux ne sont pas dangereux - sauf bien sûr à ceux qui se laissent prendre. Et ils sont sans doute nombreux. Ce que l'artiste dessine et peint laisse à la fois rien et tout à désirer. Les femmes (souvent sirènes) sont moins captives que captivantes. Elles deviennent les sujets d'images fixes où elles dansent. Et si de telles images se veulent "innocentes" c'est juste pour supprimer ce qui détournerait l’attention ailleurs que face au mythe érotique qu'elles fomentent pour le plaisir.

La créatrice ne prétend pas transformer le monde : elle se contente de suggèrer une féminitité fière de ses charmes. Elle sait les exposer de manière décomplexée. L'implicite plus que l'explicite tient lieu d’érotisme. Car à croire montrer ce que tout le monde connaît rend les images chiquées ou fausses. Il vaut mieux jouer du suggestif : à vider l’étang pour voir les poissons frétiller finirait par les faire crever.

Jean-Paul Gavard-Perret

Marie Morel, "Peintures érotiques", Galerie Béatrice Soulié, du 28 novembre 2019 au 15 janvier 2020..

Les commentaires sont fermés.