gruyeresuisse

18/11/2019

Le passé empiété de Mathilde Coq

Coq.jpgMathilde Coq brodeuse - et bien plus - ouvre à une démesure féminine. Ce qui n'empêche pas que sous les robes et des symboles (au besoin phalliques) se cache une petite fille et une princesse aussi. Néanmoins les princes charmants ne sont pas seuls à faire glisser les jupes des femmes. Au besoin celles-ci le font seules pour le redevenir jusqu'au bout des doigts et des ongles.

 

Coq 4.jpgExiste là une revendication à "transparêtre" dans un mystérieux miroir d’absolu et de chair. Car Mathilde Coq ose bien des audaces mais toujours de manière impeccable. Et si la pulsion fait naître des fleurs de désir l'artiste les infuse. La voyeuse ou le voyeur est dérobé au monde objectif et à elle ou lui-même. Se créent des portes et des empreintes au souffle parfois clair parfois indistinct entre le contact et la distance et de l'ordre d'un courant d’air, un passé empiété où l'atmosphère prend corps dans la chimère.

 

Coq 5.jpgSe respire la chaleur. Quant à la mélancolie elle est remisée dans une valise doublée des fils de soie de l'artiste. Agenouillée elle cherche les perles de son rire tandis que ses reins se cambrent. Et nous entrons dans un roman qui raconte un temps neuf où le plaisir du corps et de la pensée s’appellent et se ressemblent en une troublante délectation. La clé de certaines amours ouvre des vertiges. Ils chassent les nuages du lit des cieux pour les parures brodées de ciel de lit.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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