gruyeresuisse

04/11/2019

Manon Gignoux : éloge du vide

Gignoux.jpgLes femmes de Manon Gignoux ne sont plus traversées par l’ondoiement de tissus. Mais ce qui couvrait (jusque là) ne dévoile plus rien. Et pour cause. Reste sans doute l’effet civilisateur du vêtement. Mais il demeure volontairement "sans effet".

 

Gignoux 3.pngLoin des tréfonds obscurs peut s'y chercher l’image d’une autre femme, qu’on aurait côtoyée peut-être du moins rêvée à l'évidence. Surgit  aussi le regard ambigu sur le statut non moins ambigu de la féminité dans une société avide toujours de cloisonnements et de pérennité.

 

 

Gignoux 2.pngL'artiste nous donne à voir le travail de sape salutaire à la vraie liberté. Celle qui fonde et qui brise, celle qui - révélée - tend à occuper tout l’espace et faire le vide autour de soi - parfois pour mieux et paradoxalement se rapprocher de l’autre. La femme n'est pas plus contrainte à une nudité qu'à l'exhibition de ce qui l'enrobe. Les vêtements abandonnés ne suggèrent aucune inflorescence qui la prolongerait et l’isolerait. C'est comme une stance surréaliste qui cerne de pudiques fioritures un sentiment trop humain.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Manon Gignoux, Eponyme, Derrière la salle de bains, Rouen, 2019, 5 E.

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