gruyeresuisse

29/10/2019

Isabelle Bonte et les ballets improbables

Bonte Bon.jpgIsabelle Bonte, "Fil de fer et tarlatane", Galerie Isabelle Brand, Carouge, Genève, novembre 2019.

 

"Dessins dans l’espace, filaires de volumes. Ma palette est intimiste. Proche des matériaux. Brun du fil, café de tarlatane, blanc de nuage" écrit Isabelle Bonte. Apparemment le monde devient un monde de rêve. Il est léger et presque aérien. Les couleurs sont foncées, les formes souples et l'alacrité est de mise. "Le modelage est au service de sensations de liberté" écrit encore la créatrice. Elle sait tirer les ficelles. Chaque pièce va jusqu'aux éthers et leurs nuages plus qu'elle ne grimpe aux rideaux. La rigueur est défaite. L'esprit bat la campagne.

 

Bonte.jpgPourtant l'univers de l'artiste, dans sa fragilité, est plus complexe qu'il n'y paraît. A le regarder de plus près nous comprenons que se créent des impératifs qui échappent à la conscience même de l'artiste. Tout est tiré vers le haut. Existent des oasis du féminin. Et ce ballet improbable ne signifie pas forcément que la vie est légère. Mais la sculptrice poursuit son entreprise pour notre plaisir. Sous l'humour et la légèreté un clair-obscur rend parfois dubitatif.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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