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28/10/2019

Irma Blank la bien nommée

Blank.jpgIrma Blank, "Blank", Textes de Johana Carrier et Joana P. Neves, Douglas Fogle et Miriam Schoofs. Interview de Hans-Ulrich Obrist, MAMCO Genève, 2019

Sans doute a-t-on trop souvent parlé de l'image comme d'un produit d'une fabrication rhétorique venue à point pour illustrer ce qui a été déjà perçu ou pensé par ailleurs, ou comme d'un cas particulier de l'usage établi du signe plastique et de son fonctionnement utilitaire". Irma Blank fait le ménage dans ce domaine.

Blank 2.pngRefusant l'emploi souvent abusif du terme "image" pour désigner non seulement les figures par ressemblance, la créatrice propose des figures d'anomalie sémantique loin d'un effet d'analogie ou de mimésis. Ni simple reflet des mondes extérieurs, ni seul projet du moi profond du créateur, l'oeuvre devient la meilleure formulation possible d'une réalité absente de laquelle elle est inséparable et avec laquelle seulement elle prend sens.

Blank 3.jpgCette image "vraie" est aussi contemporaine de sa création, lieu d'avènement et productrice d'un langage : elle est un phénomène d'être, un des phénomènes spécifiques de tout créateur et créatrice. A travers l'image et l'imaginaire, surgit un fantastique jeu d'attraction-répulsion. Tout se joue dans ce mouvement qui jouxte au plus près l'énigme de l'être et où l'image en tant que phénomène de présence prend un sens particulier.

Jean-Paul Gavard-Perret

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