gruyeresuisse

23/10/2019

Les lieux de stockage de Ralph Bürgin

Burgin 2.pngLe peintre de Bâle Ralph Bürgin laisse émerger des visages comme écrasés et des silhouettes sans profondeur. Que leur surface soit grande ou petite, chaque fois les toiles semblent trop restreintes pour contenir ce qu'elles montrent comme si la figuration y était enchâssée à l'étroit.

 

 

Burgin 3.pngL'effet d'étouffement est néanmoins rendu respirable par l'allègement des dessins et des couleurs en ce que l'artiste nomme des "endroits de stockage". La suppression de matière trop épaisse rend les portaits comme transparents.

Burgin.pngDans un certain déséquilibre inhérent aux emboîtements dans l'espace de la toile, jaillissent des nus qui restent indifférents au regard, et les regards des portraits restent eux aussi impassibles.

Tout joue de différents types d'écarts en un travail de reprise et d'interrogation sur des thèmes les plus classiques revisités. Le nu, si souvent féminin, est remplacé ici par le masculin. Il existe là autant d'humour que d'angoisse. Sans que l'artiste n'ait à déplier les raisons de ce déplacement du corps et de la peinture.

Jean-Paul Gavard-Perret

Ralph Bürgin, "La place", du 28 octobre au 8 décembre 2019, C.C.S., Paris.

Les commentaires sont fermés.