gruyeresuisse

17/10/2019

Claude Mollard et les présences primitives

Mollard 3.jpg

 

Par son travail photographique Claude Mollard (un des pères fondateurs du Centre Pompidou) transforme le monde et le regard. L'imaginaire de l'artiste crée une perte de repères et invente des présences à travers les surfaces qu'il décrypte et saisit. Des portraits surgissent là où le minéral et le végétal se rapprochent de masques originaires mystèrieux et fantastiques.

 

 

Mollard.jpgEncore faut-il savoir les remarquer comme le photographe transformé en  chasseur premier opère en faisant le vide en lui pour se tenir poreux face à ce qui arrive. Il possède un regard aigu et toute une poétique  de l'image afin de dénicher de tels portraits fabuleux au sein de la réalité. Des chamanes touffus, des êtres fabuleux sont extirpés du poids terrible du réel. Claude Mollard l’allège et surtout le mythifie. Les formes primitives deviennent par l'art de la prise de vue (angles et lumières comprises) des présences incontournables.

Mollard 2.jpgSans ostentation, ni exhibition, soit par effet de masse, de moirures ou à l'inverse en des prises essentialistes l’artiste crée un climat spirituel intermédiaire. La photographie devient presque abstraite afin d'offrir des portraits plus que symboliques puisque la nature elle-même est tirée par ses touffes hirsutes. Il s'agit de saluer l’union de la terre et des dieux, de gommer les différences entre les hommes et leurs mythes dans ce qui devient des portraits de primitifs du futur. Claude Mollard les convoque pour lutter contre la disparition de l'espèce considérée comme humaine.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Claude Mollard, Galerie Capazza, Nancay.

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