gruyeresuisse

12/10/2019

Rosemarie Castoro l'indépendante

Castoro 2.jpgRosemarie Castoro, exposition, MAMCO, Genève, Du 9 septembre 2019 au 2 février 2020.

Retrouvant, à force de travail de la matière, la densité terrible du réel et sans souci de la morale Rosemarie Castoro a osé parfois l'exhibition de monstres qui n'étaient pas que les siens. Ses expérimentations ont renouvelé son propre lexique : d'où une oeuvre polymorphe, irréductible pleine de sérieux mais aussi d'humour qui sauva une artiste combattante farouche, intelligente et drôle.

Castoro.jpgAu cœur du même minimalisme, elle créa une dimension organique inquiétante. Le sexe féminin y a sa part. Mais bien plus qu'une figure féminine du courant minimalisme dans lequel on voulut la réduire, Rosemarie Castoro fixe et revendique une "inobjectivité" inséparable de ce qu'elle dut subir de ses pairs. Intégrant, sous de multiples formes, sa propre existence elle refusa toujours une neutralité pure.

Castoro 3.jpgVictime de sa "qualité" et "condition" de femme, elle dut se battre pour imposer son oeuvre. Des refus catégoriques d’exposition ou d’acquisition lui furent assénés de manière scandaleuse. Comme Ana Mendieta, Rosemarie Castoro a fini par engager son corps dans cette lutte . Il va venir "accidenter" les plaques d’acier de ses Flashers, figures masculines à la libido écrasante exhibant leur corps dans l’espace public. Et l'exposition du Mamco prouve comment l'œuvre de l'indépendante s’intègre dans un mouvement de réévaluation de l’histoire de l’art et ses impasses misogynes.

Jean-Paul Gavard-Perret

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