gruyeresuisse

19/09/2019

Le clafoutis anthropomorphique de Tatiana Samoïlova

Samoilova 2.pngAvec Tatiana Samoïlova le corps parfait des nymphes ne se touchera pas forcément : mais il se voit. Nul ne peut dire s’il existe ou pas. Mais il est issu de tous les archétypes du pays natal de l'artiste (la Russie). La créatrice par ses peintures, dessins et collages en réinventent le profil et ce qui pare, tatoue ou entoure de telles créatures. Elles insufflent un  courant d’air moins dans leur boîte crânienne ou leurs gorges profondes que sur le regard du voyeur.

Samoilova.jpgTatiana Samoïlova joue avec les signes qui dopent l’esprit par ses poupées plus pour les adultes que pour leurs enfants. Elle ne s'en prive pas. Des images jadis votives sont transformées en gouffre où les hommes peuvent aller puiser divers types de fantaisies érotiques ou non. Mais ce qui les envoûtait l'artiste s’en amuse et le brise partiellement.

Samoilova 3.pngSa création ouvre un espace qui n'a rien d'innocent. Des êtres dorment dans les corps offerts. Ils germent dans la vodka de l’esprit avant de devenir théâtre d’un grand guignol mystique. L'artiste n’explique pas, elle touille la pâte du corps de ses "poupées" avec un bric-à-brac pour créer un clafoutis anthropomorphique. Elle a ainsi toujours un coup, un cran d’avance. Que demander de plus ?

Jean-Paul Gavard-Perret

Tatiana Samoïolova, "Le théâtre de la vie", Dessins et peintures, Galerie Alter-Alt, Grenoble, 26 septembre au 20 octobre 2019.

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