gruyeresuisse

09/09/2019

Martin Fuster : foule sentimentale (ou presque)

fuster 2.jpgDes traits de Martin Fuster tout peut être attendu. Le sourire en premier. Mais dans les fantaisies d'un tel artiste rien n'est jamais gratuit et il n'est pas jusqu'aux diagonales du fou trahi sur un échiquier fracturé de tomber dans l'abîme. Et si le dessin montre l'être c'est en passant par les gouffres sans néanmoins que la moindre souffrance soit émise.

En de telles oeuvres les narrations intempestives, en absence de titres, laissent au regardeur le choix de les interpréter. Tout est ici de l'ordre et de la cassure mais demeure dressé dans une impeccabilité graphique. Fuster.jpgLes petits traits précis comblent autant les vides que le regard. Ce dernier s'abandonne aux ravissements de l'investigation que chaque dessin mérite.

Il y a du Mozart dans les petites pièces que Martin Fuster crée : son langage tranperce, ramasse, pénètre, glisse là où des êtres ronflent sans dormir ou dorment sans fermer les yeux. La foule parfois s'amasse. Mais personne ne parle à son voisin. De quoi rassurer Souchon ou donner les boules à Nougaro s'il était encore des nôtres. En tout état de cause plutôt que d'initier des marches au supplice, l'artiste hache le plaisir parfois en mâchant son crayon ou sa plume.

Jean-Paul Gavard-Perret

L'oeuvre du jeune artiste reste encore méconnue, certains de ses dessins sont publiés dans la revue Folazil (Grenoble).

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