gruyeresuisse

31/08/2019

Nathalie Perrin : stratifications "littéraires" de l'art

Perrin.jpgNathalie Perrin, "La fragilité des créatures à sang chaud", Galerie Heinzer-Resler, Laussane, du 7 septembre au 12 octobre 2019.

A travers et entre autres des mots postulats Nathalie Perrin propose l'art et sa critique. Par sa pratique et ses conditions de production, elle refuse de réduire l’œuvre d’art à un élément de décor. Son travail est une expérience qui met à mal bien des idées reçues jusqu’à la notion d’auteur et de créateur. A sa manière elle veut en finir définitivement avec la modernité qui a survalorisé ces notions et postures.

Perrin 2.pngLa plasticienne sait combien l’art reste directement lié aux lois du marché mais elle refuse qu’il soit relégué à un spectacle consumériste orienté par une «politique culturelle» ou ce qui en tient lieu. Réclamant indépendance et liberté, Nathalie Perrin  revendique un art qui n’est pas une image de l’art tout en refusant le fantasme de fonder une idéologie. L'artiste se moque de la bonne conscience esthétique en multipliant des processus ironiquement subversifs.

Perrin 3.pngSes propositions deviennent des contributions faites pour poser des questions. Elles interrogent le regardeur comme le sens des images. La manière de les aborder prouve combien la créatrice ne croit pas à l'imposture de l’intégrité suprême de l’artiste. Elle devient une entremetteuse dissidente et entre en résistance contre le pouvoir de l'image et les fantasmes qu'elle est sensée nourrir. Le jeu entre elle et les textes crée un dépeçage afin d’inventer de nouveaux équilibres. L’objectif est de maquiller l’ostentation et de "dékyster" les fantasmes voyeuristes d’histoires répétitives par ce travail de corrosion systématique.

Jean-Paul Gavard-Perret

Les commentaires sont fermés.