gruyeresuisse

31/07/2019

Guillaume Bruère l'acrobate

Bruère.pngGuillaume Bruère, "Les Dessins zurichois", Kunsthaus Zurich, jusqu'au 8 septembre 2019.

Le visage et le portrait jouent un rôle majeur dans l’œuvre de Guillaume Bruère. Pour cette première exposition individuelle en Suisse, il a créé quatre portraits grand format de gardiens travaillant au Kunsthaus. Par cette démarche, il braque les projecteurs sur des gens qui jouent un rôle central dans le musée, mais qui demeurent le plus souvent dans l’ombre. Ces dessins ont vu le jour l’an passé lors de sessions de dessin en public organisées pendant la journée portes ouvertes et pendant la longue nuit des musées zurichois.

Bruère bon.jpgL'artiste travaille toujours très vite. D'où un trait énergique et vibrant. qui pour autant échappe à la "caricature". La rapidité  d'exécution permet un détournement des visages. D'où leur étrange registre ou régime. L'artiste aime dessiner directement dans les musées, en s’inspirant de toiles de maîtres célèbres. Il est déjà intervenu au Louvre, à l’Alte Pinakothek de Munich, à la Gemäldegalerie de Berlin et maintenant au Kunsthaus Zürich où il présente plus de 50 œuvres qui vont de 2012 et 2018.

Bruère 3.jpgDessiner revient à revendiquer une espèce de synthèse, une aspiration symphonique même si les dissonances sont de mise. Brisant la grammaire du portrait à la manière d’un acrobate syntaxique Bruère crée un tempo moins de voltige que de réflexion.. S’y perçoit toujours un mystérieux tremblement. Il rend sensible des poids ou des légèretés qui nous sont parfois devenus étrangers au sein de la gravitation de notre espace quotidien ou culturel ainsi que dans l’avancée au milieu des forêts de nos songes, tantôt touffus tantôt déboisés.

Jean-Paul Gavard-Perret

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