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29/07/2019

Les voyages au bout de la nuit de Malick Sidibé

Sidibé 3.jpg"Sous l’oeil de Malick Sidibé Et un chant contre le sida", Musée Barbier-Mueller, Genève du 19 juin 2019 -au12 janvier 2020.

Malick Sidibé donne à travers ses photographies une chronique des nuits de Bamako dans les années 50 à 70, à savoir lors de l’époque de transition où le Mali - état colonial français - prend son indépendance. Regardant toujours vers l’occident la jeunesse en cultive souvent les colifichets et les pauses. D’où les photographies faussement candides et pleines d’humour, de vie et de monde nocturne. Sidibé chatouille le réel jusqu’à potron-minet à travers. Les femmes et les hommes sont cools et beaux dans leurs habits de sortie ou leurs tenues de bains.

Sidibé 2.jpgL’humour bienveillant mâtiné d’érotisme donne à tous les personnages une séduction. Peaux et costumes gardent soyeux et brillance. Reste toujours plus d’humanité que de pose même lorsque l’amour est plus ou moins imparfait. Ce dont le regardeur esthète est friand le photographe l’accorde sans jamais se départir d’une certaine retenue. Les jambes féminines sont parfois dégainées mais l’artiste ne va jamais plus loin.

Sidibé.jpgLa griserie tient plus de la suggestion que de la monstration. Si bien que chaque cliché réserve un temps plein, un temps mort, une boîte noire, un bol blanc , un totem sans tabou. Les robes majestueuses ou simples sont dévorées par des belles plantes qui les portent. Dans la chaleur de la nuit tout appelle le plaisir. Le désir fait ainsi un clin d’oeil. Avant que certaines épidémies entravent l'inconscience des fièvres.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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