gruyeresuisse

24/07/2019

Les dérisions représentatives de Jean-Frédéric Schnyder

Schnyder 2.jpgJean-Frédéric Schnyder, Galerie Eva Presenhuber, Zurich, du 1er septembre au 5 octobre 2019.

Jean-Frédéric Schnyder (né en 1945) reste un des artistes suisses contemporains les plus importants. Il est connu sur la scène internationale au moins depuis "Wanderung", un cycle de peintures petit format montrant des vues d’autoroute (Biennale de Venise, 1993). Il a entamé son travail artistique dès la fin des années 1960, en fabriquant d'abord des objets opiniâtres et fantastiques en fil de fer, bambou, étain ou céramique propres à suggérer des cultures populaires et des contes.

Schnyder 3.pngL’exposition propose un voyage à travers ses oeuvres. Elles déconcertent par leur dérision et les jeux qu'elles engagent sur le sens de leurs monstrations. La peinture comme Volonté et comme Représentation entame soudain bien des détours. Les œuvres sont le plus souvent des petits formats et zn séries. La technique semble le fait d'un amateur naïf tant elles sont "mal" peintes en des palettes plâtes, pâles. S'y retrouvent des références à Van Gogh, Anker, Hodler voire Malévitch.

Schnyder 4.jpgParfois certaines séries rappellent la peinture la plus surfaite et décorative (chiens , couchers de soleil, paysage) volontairement kitsch et onirique dans laquelle derrière les petits chalets de la forêt apparaissent les signes d'un champignon atomique, d'une croix gammée  pour créer le désenchantement ironique. Tout repose sur le décalage entre ce qui est représenté et le protocole choisi. Dès lors le regardeur est obligé d'engager une réflexion sur ce qu'il voit afin de cacher ce que de tels "clichés" suscitent. Existe là toute une critique de la peinture et du monde.

Jean-Paul Gavard-Perret

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