gruyeresuisse

23/07/2019

Les cycles cosmiques de Robag Wruhme

Whrume.pngLa musique de Robag Wruhme (du moins dans ce dernier album) surprend par l'apaisement quelque peu austère qu'elle procure. Il y a loin de celui qui sous le nom de "Machiste" était au début des années 2000 au firmament de la house music minimaliste avec l'album "Wuzzebud KK" (Wighnomy Brothers).

Après son "Thora Vukk" (2011), Robag Wruhme se dirige vers un genre qui mélange ambient, house et IDM. Sans trop de sophistication dans la production (même si elle est particulièrement soignée), ce nouvel album se veut (et reste) avant tout diaphane, nostalgique au sein parfois d'auto-remix ("Volta Copy") et des relectures (d'Oxia entre autres). Wrhume 2.jpgExiste là des formules contagieuses aux sonorités mystérieuses qui déplacent les lignes de ce qui s'entend dans l'électro. Là où le compositeur sait que trop de notes les tuent et qu'il ne convient pas au penchant de suivre les chemins battus où l'on sait où la musique mène en ne faisant que se répéter.

Surgit un espace-temps captivant. Il échappe aux courants majeurs du temps  selon des formules qui creusent le silence pour sauter dans une sorte de vide sidéral proche de l'anticipation où des sons étranges viennent le disloquer. Ici la musique ne court pas le monde : elle emporte bien plus loin au sein de l'étendue muette des espaces infinis que les claviers et synthétiseurs viennent prendre à revers là où rien n'est forcément calé ou coulé dans le marbre. Robag Wruhme abandonne toujours les formules fanées pour découvrir du neuf et la beauté musicale reste toujours bizarre.

Jean-Paul Gavard-Perret

Robag Wruhme, "Venq Tolep", Pampa Records / Bigwax, 2019.

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