gruyeresuisse

09/07/2019

Dominique Wildermann : l'un(e) dans l'autre

Wilderman.jpgLa photographe Dominique Wildermann par ses mises en scène de ses planches Polaroid de type "portrait-passeport" conserve sans le vouloir une place dans la constellation surréaliste. Une place excentrique. Dans ses photographies elle reste la réalisatrice de pratiques artistiques et corporelles qui tiennent à la fois d’une forme de désublimation (mais qui ne rejette pas le concept de beauté) et d’actionnisme.

SWilderman 2.jpges clichés et leurs cérémonies possèdent une fragilité exceptionnelle et semblent le fait d’une improvisation qui continue de vibrer. La charge d’intensité érotique rappelle que toute rencontre reste un moment éphémère. Elle ramène au sentiment de la fugacité du temps et comporte un avant de mort. Plus ou moins proche ou lointain suivant les modèles.

 

 

Wilderman 3.jpgLa créatrice invite à une fouille symbolique, savante et ératique. De tréfonds obscurs surgit le statut ambigu du genre dans une société avide de cloisonnements, de morales et de pérennité. Contrainte à une nudité, le corps propage une inflorescence qui la prolonge et l’isole. Le doute se mue en certitude. L'inverse est vrai aussi. C'est comme une stance surréaliste qui habillerait de pudiques fioritures un sentiment trop humain et un désir complexe.

Jean-Paul Gavard-Perret

Dominique Wildermann "Identité(s), La Boucherie, Arles, juillet 2019.

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