gruyeresuisse

02/07/2019

Arthur Tress et Michel Tournier

Tress 2.jpg"En 1972, j’ai envoyé un exemplaire de mon premier livre The Dream Collector à Michel Tournier, après avoir lu son livre Le Roi des Aulnes" écrit Arthur Tress. Et le photographe d'ajouter : "Il m’a invité aux Rencontres d’Arles". Et ce au nom d'une tradition qui unissait selon l'auteur du "Vent Paraclet" artistes et écrivains. Il était à l'époque un des rares qui appréciaient le "style surréaliste psychologique, qui se démarquait de la photographie « de rue » en vogue" écrit encore Tress.

Tress bon.jpgIl a photographié Tournier à la piscine municipale d’Arles avec un enfant dans une brouette, comme s’il était un personnage d’un de ses propres livres. Et Tress n'a cessé de le suivre pour saisir à travers lui le corps et son trouble et pour tourner en bourrique une certaine idée du portrait qui oscille ici entre humour et majesté.

Tress.jpgLe photographe reste paradoxalement (et comme son "modèle") un classique tout en transcendant les codes, styles, genres, cultures. Son œuvre sent le soufre mais de manière que les imbéciles n’aperçoivent pas de telles effluves. Cela reste du grand art et le moyen de s’extraire des pièges du réalisme. Patelin à sa manière Tress sut avec Tournier jouer les maîtres capables de réconcilier les êtres avec leur part d’ombre du féminin dans le masculin.

Jean-Paul Gavard-Perret

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