gruyeresuisse

20/06/2019

Je ne vois que toit (LIV)

Bloy 2.jpgDurassique parque

 

Selon une tradition, aimer donne la vocation à jouir dans le pas tout pateux. Et nous voici renvoyé au ravage durassien : être ravi(e), capturé(e). Pour la femme amoureuse il s'agit d'"amer" (selon le néologisme lacanien) l'âme en attendant que l'absent attendu lui donne rien. C'est d'ailleurs ce qu'il lui accorde. Elle en est comblée. La voici rendue vivante loin de l'adhésif qui la collait au corps de l'autre.

Bloy.jpgElle fait donc quelque chose du rien et transforme la solitude en une manière de se "mêmer" dans l'autre. Phallus vs solitude si l'on peut dire. Et la voici devenue (dixit toujours Lacan) "hommo-sexuelle". Elle n'attend plus d'être aimée ou ratrappée de désir par la queue. Preuve que le rien ne se pratique que pour lui-même dans sa traversée. Il s'agit d'attiendre à l'inconsistante comète de l'ex-stase. Bref d'exister et ne plus se faire le mauvais sang. Soyons toutes et tous la "femme pauvre" de Léon Bloy qui donnant tout, orchestre sa condition littérale et tue la culpabilité passé, présente et à venir. 

Lhéo Tell ( aka Jean-Paul Gavard-Perret)

Photo de Sylvie Harberberg-Aflalo

09:23 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0)

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