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14/06/2019

Tristan Lavoyer : art et cinéma

Lavoyer.jpgTristan Lavoyer, "Ulysse l'handicapé", Quark, Genève, mai-juin 2019.

Tristan Lavoyer explore la part encore en cours des relations entre l’art et le cinéma. Ses images racontent ce qui est resté en des suites ou une mémoire d'un mythe pour en relever soit de l’utopie de certaines amnésies ou de divers types de ses "symptômes". C'est aussi la manière de changer la fonction du cinéma pour l'obliger à composer avec d'autres histoires et mediums qui dépassent les cadres historiquement admis. Le tout dans le but de provoquer la coexistence d’un temps historique (celui d'Ulysse) avec la période contemporaine.

Lavoyer 2.jpgIl s'agit moins de créer de nouveaux objets que de les réinventer en les distordant au moyen d’une histoire reprise, déboîtée. Lavoyer crée son propre "cinéma d’exposition" ou "troisième cinéma" dans une déflagration du présent dans le passé et vice-versa. Le spectateur est contraint à quitter la salle de cinéma et son dispositif pour une généalogie troublée de la représentation déplacée en lieu d'exposition. L’imaginaire est au service d'une transition fluide entre deux époques nettement différenciées dans ce qui tient ici à la fois de dénis de l'histoire d'Ulysse mais aussi de sa sur-vivance par les dispositifs artistiques et filmiques.

Lavoyer renoue avec une dimension performative en rapprochant l’entre-deux qui sépare les médiums jusqu'à transformer un mythe littéraire en métahistoire là où le temps prescrit d’une séance plus ou moins collective, est remplacée par une autre expérience de perception et de mémoire.

Jean-Paul Gavard-Perret

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