gruyeresuisse

13/06/2019

Andrea Heller : l'objet et son fantasme

Heller.jpgAndrea Heller, Kunsthaus Centre d'art Pasquart, Biel-Bienne, du 7 juillet au 8 septembre 2019.

 

Les oeuvres d'Andrea Heller font éclater les images du réel par un détournement particulier : sans tourner le dos à toute représentativité, l'artiste y introduit des éléments perturbateurs abstractifs jusqu'à produire un fantastique jeu d'attraction et de répulsion. Tout se joue en cette charnière de la gestation des formes et des couleurs. L'immense mérite de l'artiste consiste à faire que la moitié nocturne des images soit mise en évidence au milieu du scintillement de "choséifications" qui changent de nature.

Heller bon 3.jpgLa sculpture devient plus une affaire de vision que de technique - ce qui ne veut pas dire que Andrea Heller s'en moque - bien au contraire. Il s'agit plus d'ouvrir un virtuel qui dévore la représentation afin d'en faire jaillir sa part d'ombre, cette part qui nous recouvre aveuglément tant nous sommes dedans, prisonniers de ses leurres.

Heller Bon bo,.jpgL'imaginaire fonctionne donc vers l'épuisement de l'ombre en une sorte de dynamisme contre notre enfermement. Dans un univers délétère et factice l'image introduit ainsi du chaos dans le chaos : c'est donc comme un vaccin contre les fantômes de la civilisation. Jaillit un ailleurs qui n'est pas pure vue de l'esprit, il est provocation de la réalité par et contre elle pour une métamorphose. L'oeuvre ne renvoie plus à une perception, à une pensée ou à une rêverie qu'elle se contenterait de ramasser, de fixer au sens photographique du terme.

Jean-Paul Gavard-Perret

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