gruyeresuisse

06/06/2019

Alexander Abaturov : le un et le multiple

Abaturov 2.jpgSans doute trop binaire ce film documentaire ambitieux tente un portrait impossible. A la base il existe une histoire vraie où s'entremêlent deux narrations "documentaires" : celle des soldats d'élites de l'armée russe et celle de la famille d'un de ses soldats mort dans des circonstances troubles (sans doute une vendetta), cousin disparu du cinéaste.

 

Abaturov.jpgExiste  un filmage à l'équerre de la vie militaire et patriotique avec scènes de dortoirs réussies. Tous les soldats sont semblables. Dans la famille c'est l'inverse : une sensation d'opacité demeure là où le travail de deuil reste impossible.

Abaturov 3.jpgLa bande son est impressionnante. Elle crée en grande partie l'émotion du film là où le réalisateur tente de se mettre dans la peau de son cousin. La puissance belliqueuse de la Russie imprègne le documentaire. Il navigue entre film de guerre et film intime, entre uniformisation et recherche d'une identité. La guerre devient pour les soldats une force de vie mais le film reste trop verrouillé pour emporter une totale adhésion. Seul le père reste le point de résistance du film : muet il n'est pas dupe.

Jean-Paul Gavard-Perret

Alexander Abaturov, "Le Fils".

 

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