gruyeresuisse

04/06/2019

Je ne vois que toit (XXXVIII)

Cauda.jpgGuère il héros

Matelassier de l'histoire tu manques désormais de ressort, même si tu as fait ce qu'il faut et pris le deuil de la Mer morte. Désormais tu connais ta fin et dois retenir ton souffle, devenir exsangue comme l'immensité et te situer au degré zéro de l'ardeur.

La seule faculté requise est l'inaptitude à toute rhétorique à embellir l'almanach racorni du passé. L'émiettement devient ta gloriole. Il fait retourner le monde aux premières heures de son immobilité. Tout souffre de tout sauf d'un défaut de mémoire.

Cauda 3.jpgSa blessure est écœurante lorsque la pensée ne songe plus qu'à son corps. L'usage d'une seule métaphore serait d'ailleurs ignoble. Le vent passe entre les lignes jadis habitables. Un seul moment cristallin constitue l'histoire du jour. La détresse de l'esprit est superflue tant il fait froid. La conscience dans son givre propose l'énigme déplorable du réel et boude toute étincelle.

 

Cauda 2.jpgEncore un effort, Bordel ! L'être et le néant ont la même pointure. Le songe suit le rythme de tes ombres. Sa flamme chaste ne brille que pour ton cœur impassible qui braille dans la glace. Elle voudrait divulguer les secrets les plus chauds du charbon. Mais les légendes ne lui tiennent plus d'ogives ou de concept de brasero.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

Œuvres de Jacques Cauda

10:01 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0)

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