gruyeresuisse

22/05/2019

Je ne vois que toit (XXII)

Lacan.jpgLe passage de mi-dit

La femme n'est pas universelle, n'est pas tout. L'homme quant à lui est pataud et pathos. Si fier de son phallus il confond jouissance et satisfaction. L'une à un objet, un machin, bref un truc. Mais l'autre pas. Du moins si l'on en croit Machin, enfin Truc.

Il rappela à juste titre que la jouissance et le mal sont liés même chez l'être humain dit normal. C'est d'ailleurs le chemin le plus simple à l'économie libidinale dont l'encore du corps est prêt à se fendre de demande en mariage pour jouir en pater familias ou en boucher de l'angoisse. Elle s'avère le savoir qui en saigne.

Sous le voile de l'amour la jouissance restera donc étrangère pour l'un et le d'eux. En conséquence chacun porte en lui une Angèle de Foligno. Devenue fille de dieu, cette fausse mère eut un côté homme : le phallus divin devint son enfant au nom d'une règle de l'éthernité. Celle-ci s'explique par une maniaquerie d'usage et rappelle que le désir n'a pas d'objet sinon sa plainte. Sauf - et c'est son exception - lorsqu'elle aboutit à la jouissance onanisme que Machin enfin Truc nomme celle de "l'idiot".

 

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret

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20/05/2019

Claudie Laks : imbroglio et passementerie

Laks 2.jpgClaudie Laks, "Colorigraphies", Espace Nicolas Schilling et Galerie., Neuchâtel, à partir du 25 mai 2019.

Claudie Laks invente un monde coloré fait de taches marquées avec intensité sur la toile. Le geste est donc essentiel même si, contrairement à d'autres artiste, c'est pour la plasticienne, le résultat qui compte. Jaillissent des lignes qui se fracturent en des mouvements circulaires et un assemblage de points dont la matière colorée suinte.

Laks.jpgSur d'autres surfaces blanches les couleurs deviennent des sortes de bourgeons ou de graines de différentes tailles. Tout explose et semble jailir des profondeurs de la matière. Les couleurs semblent se battre les unes contre les autres dans leurs constellations. Dans un tel imbroglio une passementerie prend la forme d'un louvoiement poétique. L’artiste crée bien plus que de simples abstractions de quintessence. Surgissent des espaces chancelants, des lueurs d’ornières où un réel sauvage se tatoue. Les pelotes de couleurs deviennent les fleurs brèves écloses au bord glacé de la neige du support. La nostalgie de l’irréel tombe en chute libre. L’irrésolu se révèle hors pathos en d’étranges rondes.

Jean-Paul Gavard-Perret

Je ne vois que toit (XXI)

Bras.pngThéorie de l'objet

Serrant les cuisses sur les flancs de bois d'un cheval de manège qui avance au galop il est salué tel un Prince de Castille couvert de mouches comme Artaud au Mexique au moment où il comprit que la fornication méritait une formalisation glossolalique. Mais le preux cavalier n'en a cure et s'il va au bordel ce n'est pas pour fumer la pipe. Néanmoins une conclusion s'impose : il n'y a là ni histoire ni intrigue. Une telle évocation pourrait convenir au film qu'Almodovar ne tournera jamais. Dans la dernière scène un groom intrigué caresse le volume fictif d'un objet qui n'a jamais existé.

Lheo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret

 

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