gruyeresuisse

31/05/2019

La Déesse Europa version Deborah de Robertis

Deborah OUI.jpgA Strasbourg,  dans  un des deux  lieux des  parlements européens, Deborah de Robertis a utilisé l'occasion des élections pour une performance que les médias ont totalement occultée comme si les revendications de la féminité défendues par l'artiste n'avait plus droit de citer.Deborah bonbon.jpgCherchant toujours des points emblématiques pour ses performances (Musée du Louvre, Lourdes par exemple) l'artiste a imposé au Parlement Européen une présence où la nudité féminine prend une nouvelle essence.

Deborah 3.jpgS'emparant du point de vue "passif" du modèle (au service du masculin) elle transpose à nouveau la position des regards. Et c'est soudain le voyeur qui est regardé à travers le troisième oeil sanglant : celui du sexe féminin. Deborah 2.jpgAccompagnée à Strasbourg par Blyvy Makasi, Abigail Sia, Laure Pepin, Angie Mathieu, Maya Lacoustille, comme elles, activiste ou performeuse, l'artiste a créé un aéropages de "femmes puissantes pour la création de cette métaphore d’une Europe au féminin qui porte le monde, s’arrache du mythe patriarcal et se dresse contre l’inertie". Une nouvelle fois elle a été censurée et sa voix étouffée par une plainte de la part du Parlement Européen de Strasbourg (pour dégradation volontaire aggravée).

Deborah.jpgLes assesseurs s'empressèrent de chasser les intruses et d'effacer leurs taches de sang. Elle ont néanmoins pu laisser la trace que l'artiste évoque ainsi : "Souveraine, putain, mère originelle de la lignée des Hommes. Déesse bâtarde à la vulve monstrueuse et dégoulinante, /Je vous laisse entrevoir les ténèbres. / La fin possible d'un monde. / Il est presque trop tard: ma neige a fondu, mes océans débordent, je perds les eaux. J'annonce le déluge et le souffle de vie." Ce véritable chant, l'artiste l'a imposé dans le lieu des institutions glacées et qui font du mythe de la déesse Europa au mieux une commodité de la conversation politique. Le tout dans un appel à une nouvelle donne des frontières à naître : "Les seules frontières que je respecterai seront celles qui séparent ciel et terre" affirme superbement la plasticienne.

Jean-Paul Gavard-Perret

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