gruyeresuisse

30/05/2019

Je ne vois que toit (XXXII)

 

Cauda bon.jpgMaigres dits des cendres

 

Que j'eusse dans mes coutumes et us l'occasion de respirer je ne sais combien de fois par minutes suffit à justifier de mon existence. L'idéal serait que la somme soit divisible par deux - histoire de donner à chaque poumon ce qui lui appartient. D'autant qu'avec le tabac que j'inhale depuis plus de cinquante ans le ténébron s'entarte. Mon trou qui parle est devenu caverneux et mon cerveau fumeux. Je ne veux pas expressément mourir mais simplement me venger d'avoit été et d'être tel que je suis. J'ai passé le plus clair de mon temps à fait les sans pas et bien de mes actions sont coupables. Elles résonnent en moi-même si bien que j'ai mal à mes animaux.

 

N'en doutons pas je suis une bête divisée en plusieurs ectoplasmes. Et pris dans mes fractures mentales il m'arrive d'oublier jusqu'à mon nom. Parfois en m'introspectant je ne trouve plus personne qui soit. Ce qui me fait de moi une hypothèse vague, un homme douteux voire de trop que la fumée égare. Si j'étais vraiment moi j'aurais mille et une raison de me défaire de mes méfaits. Mes défaillances sont notoires. Et le réel ne me correspond pas. Tout pour moi est atone à Thônes et j'ai du mal à m'émouvoir devant les Saintes du type François d'assises les jambes écartées. J'ai pourtant vécu d'abord enfant puis plus homme que femme mais je me suis quitté passant ma vie avant ou après qu'elle soit. C'est vous dire combien j'ai rarement été à ma place.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

Peinture de Jacques Cauda

 

 

14:49 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0)

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