gruyeresuisse

27/05/2019

Je ne vois que toit (XXIX)

Divoy.jpgNimbes et vie commune

Esto memor. Les nénuphars en haillons blancs somnolaient sur le lac et sous des piles de nuages. Puissance sans doute délicate de leurs amarres dissimulées et grosses de rêve. Le monde était en cercles sombres de parade. Ils pomponnaient le bordel suranné des miasmes pour l'interpréter. Portant leurs barques l'eau était épaisse mélasse. Une soupe où ces yeux de bouillon surnageaient en diadèmes et couronnes.

Les ondes adolescentes les remuaient à peine. Le besoin d'un shoot s'avérait nécessaire devant tant d'étoiles déchues qui flottaient et s'atomisaient en couvre-pots. Sensation d'étain et d'étamine de rien. Il fallut redevenir indigène pour savourer ce plaisir. Les mots repartaient, leur fiction s'en lavait les tiges de ce qu'elle raclait au fond de l'eau. Nous nous faisions Jésus ou vestige en tendant de marcher sur ces plantes aquatiques. Preuve de ne jamais faire confiance aux flash-back : ce sont des parasites qui squattent le temps de leur style brisoti-brisoto.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

Collage de Michèle Divoy.

11:55 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0)

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