gruyeresuisse

24/05/2019

Felicia Murray : quand la nuit remue

Murray.jpgPour Felicia Murray, photographier est instinctif. Il s'agit d'exposer un familier du rêve d'exister. Le tout par divers effets de lumières qui traversent la nuit. La vie est saisie dans un éventail d'émotions. A perte d’espace ou dedans, le corps est déplié, enroulé, multiple, tracassé, ennivré.

Murray 3.jpgDepuis 40 ans l'appareil photo accompagne les dérives de l'artiste dans divers lieux. Elle ne cherche pas à les identifier précisément. L'objet est autre : faire éprouver un suspens du temps pour lui accorder une éternité là où pourtant tout demeure éphémère ou illusoire. Le mythe de la création rejoint la disparition perpétuelle. D'où ces effets de flou ou de décadrage afin de signifier la lutte contre l’absence à soi comme à l’autre.

 

Murray 2.jpgEntre gravité et humour la nuit respire et scintille. L'artiste capte une intimité là où les êtres s'offrent un moment de rêve ou de répit en donnant forme au presque rien foisonnant. Un chemisier ouvert, une robe étroite et courte dessinent parfois une nudité si forte que le désir ne supporte plus la douleur. Qu'importe si les fantômes n’ont étreint qu’une ombre.

Jean-Paul Gavard-Perret

Felicia Murray «Eges fo Time», Préface de Larry Fink, Artiere éditions, 2019, 45 E..

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