gruyeresuisse

17/05/2019

Je ne vois que toit (XVII)

Abbou bon 2.jpgEden - Graal

 

Inversions des fiels des mots et des épines du chant des images. Dans chaque présence il y a une absence, dans chaque absence une présence. Tout homme - bois flotté prêt à sombrer- devrait dire à sa compagne : "tu as connu bien des choses que je ne pouvais savoir : la morsure de la pelle qui a creusé le puits, les raclements du maçon mélangeant son mortier, les femmes qui venaient avec des seaux de fer blanc comme des éclairs sur leurs ailes ébouriffées et au faible son métallique."

 

Chercher dès lors - par la substance des mots comme par celle des images, leurs couleuvres, leurs graines fragiles - l'énergie pour dire et montrer ce qui tente casse l'inhibition systématique des pulsions de bases entravées par un surmoi castrateur. Inventer la cosmogonie qui écarte l'espace du "je" et postule l'étreinte de l'autre. Emois, spasmes, appels. Tout vocable, toute image devraient pouvoir les dire pour créer demain. Devrait. Mais comment déserter le sens et faire douter des signes ? C'est dans leurs interstices que se cachent le réel absolu.

Lheo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

 

(photo de Jonathan Abbou)

09:25 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0)

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