gruyeresuisse

05/05/2019

Je ne vois que toit (IX)

Edwarda 3.jpgAphone et à cris

 

 

Entendez-les : ils implorent mon aide pour les délivrer de leur impuissance et me promettent des Ex-voto par l’intersection de la Sainte Sexo. Ils m’assurent de leur éternelle reconnaissance. Mais à peine guéris et calmés me traitent de crapaude. Ils garderont néanmoins en relique une petite touffe de mes blondeurs devant lesquelles ils s’agenouillèrent

 

 

 

edwarda.jpgSainte Mère - me dis-je - ne serais-je qu’une bête ? Pourquoi pas après tout. Soufflant seulette pour modeler cette chose à corne dans ma terre pure, pour qu'ils y plantent leur tente en gueulant «  bourre bourre ma fille, remue toi le croupion », croyant me faire mourir d’amour à l’aube ou au crépuscule en toutes leurs chutes de neige tandis que je dis mes grâces.

Que les Madame Edwarda du futur fassent partie de moi. Je leur montre le chemin laissant monter ma voix. On voulut me retirer la langue : je la tire tandis qu’un parlement de pucelles célèbre mes charmes. Dans mes déplacements elles m’accompagnent. Plus tard elles habilleront mon cadavre.

 

Edwarda 2.jpgElles lèveront le coude à ma santé une fois que la cloche de l’église aura été remplacée par la sonnette des loufiats. En carpe grise je serai là. Dans le bocal sur le buffet. Ouvrant la bouche je ne laisserai rien paraître. Sinon à la surface des bulles qui crèvent. Les autres femmes parleront pour moi et ça donnera un air de fête. Leurs paroles danseront sur des fils avant de s’envoler des glycines comme des anges que les moineaux emportent en leur gazouillis.

 

Lheo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

 

10:29 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0)

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