gruyeresuisse

27/04/2019

Je ne vois que toit (I)

Barback

Echafaud d'âge, Vieille viande d’amour, source des paniques dans le lit à creuser. Arc-bouté et tête renversé : faire la queue en taciturnes burnes, mie des mots avalée, rivant l’outre. Espoir de petite mort. Angoisse du jouir. Crissement doux de la carotte quand sous la main le gouffre s’ouvre en huile bouillante.

 

Berthet.pngLe fricandeau s'anime dans la machinerie. « Voilà l’apprentissage » dit-elle au mâle faisant qui prend sa vie (« et ses larmes » ajoute-t-elle). Elle lui a permis d'enlever ses parures et son corset pour que son corps sage exulte. «Soulages moi» dit-elle. Alors il la déguise en négresse comme on disait jadis et brasse la soupe du plaisir.

 

Qu'importe si la chair déborde. Sous la toison pâmoison. « Ce que tu ne voulais pas tu le peux ; ce qui te faisait peur t’exulte » dit-elle. Lumière dans la nuit par les religieux délices d’une Kali pigiste. A deux vont l’amble, parfois dans la colère, parfois dans la délicatesse dès qu'elle touche de lui le machin qui, lorsqu'il était enfant, avait grossi sans qu’il comprenne .

 

Haut dans sa combe il n’appelle nulle part ailleurs. La mansarde ne laisse voir de la ville que ses toits. Là-bas est le vide. Ici l'en faire est pavé de ses bonnes intentions. Il est toujours là quand (comme disent les psychanalystes) mettre le machin dans le truc fait de l'infemme non un pestiféré mais le zéro de conduite pour Sissi bémol majeure. Cela bien sûr s'il sait l'honorer et joint à l'action des mots mûrs murant des fa dièses.

 

Léo  Tell (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

(gravure : Danielle Berthet)

Les commentaires sont fermés.