gruyeresuisse

25/04/2019

Urs Lüthi "chouchou" de la collection Antoine de Galbert

ALuthi.jpgprès avoir fermé la "Maison Rouge", Antoine de Galbert revient sur ses terres originaires : à savoir Grenoble. Il y devint galeriste avant de se consacrer uniquement à sa collection privée  d'art. C'est une des plus singulières d'Europe. A cotés des peintures, dessins, installations, art primitif, objets religieux et populaires, De Galbert a collectionné de nombreux photographes. De Man Ray à Dieter Appelt, de Jürgen Klauke, Mikhael Subotzky à Gilbert et George ou Mari Katayama. Mais dans ce large panorama Urs Lüthi possède une place particulière - et à juste titre.

Luthi 3.jpgLe Suisse a transformé l'art du portrait. Renonçant au "beau" marmoréen il traduit une vérité particulière d'incoporation là où le sujet est vampirisé par le regard de l'artiste qui le sort des habituelles poses afin d'en proposer un naturalisme particulier par le noir et blanc et les poses fractales. Les techniques de prise mais aussi de tirage gardent une part spécifique dans l’aventure plastique du photographe de Lucerne.

 

 

Luthi 2.jpgAux effets de lumière s’ajoute une qualité particulière du grain. L'audace est omni-présente dans des prises qui forcent le regard. Elles deviennent « sourdes » au simple fantasme et à l'effet miroir là où le terme de langage reprend tout son sens. Les bras souvent fermés sont surmontés de visages aux aspérités contondantes, faussement désinvoltes et énigmatiques. Les portraits s'éloignent du gracieux et de toute idéalisation factice pour une insurrection particulière de la chair.

Jean-Paul Gavard-Perret

Souvenirs de voyage – La collection Antoine de Galbert, Musée de Grenoble, du 27 avril au 28 juillet 2019.

Les commentaires sont fermés.