gruyeresuisse

22/04/2019

Marta Bargman : histoire belge

Bargman 1.pngPremier long métrage de fiction de la réalisatrice documentariste belge  Marta Bargman, ce film en trois parties est une sorte de voyage plutôt réussi chez "ceux qui prennent des douches". Une Roumaine y rencontre un Belge et les aventures commencent même si l'épisode de la rencontre première et sa préparation reste la partie la plus intéressante d'une fiction pleine d'humour et attachante et qui évite le genre "feel-good" en dépit de ses désamorçages.

 

Bargman 2.pngSortant le cinéma du réel avec modestie, la réalisatrice crée un portrait au delà de ce qui pourrait devenir une histoire tragique à fort enjeux dramatique et naturaliste. Les deux personnages (la femme surtout - incarnée par Alina Serban)) l'emportent sur le reste et le contexte pour dégager le film des sentiers battus sur une échelle particulière et au cœur d'une complexité inattendues.

 

Bargman 3.jpgTout se décale par la présence même du corps de la prétendante d'abord effrayée par son futur mari (Tom Werneir) à visage inquiétant mais qui va se révéler un agneau. Le film ne bascule jamais dans le drame au sein d'une dimension fictionnelle où chacun arrive à se comprendre. Tout retombe toujours sur ses "pattes" en une superbe fin. Elle fait glisser dans une atmosphère étrange dénuée de tout commentaire superflu. L'émotion est forte et jamais surjouée.  Une frontière des marginalités se dessine en un exercice de nuances où tout est filmé au niveau des personnages. C'est du Pialat en plus enjoué là où une femme s'émancipe de manière habile, hors oecuménisme mollasson.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 
"Seul à mon mariage", Marta Bargman
 

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