gruyeresuisse

01/04/2019

Erika Materson : innocence

materson 3.jpgErika Materson a trouvé dans les animaux "réanimés" par la taxidermie un des moyens de transformer le monde des images à travers et principalement sa fille en tant que modèle.  Par leur état de survivance - qui n'appartient ni tout à fait à la vie, ni tout à fait à la mort mais à ce genre d'état aussi paradoxal que celui des spectres qui mettent notre mémoire en mouvement - la photographe invente des contes fabuleux à l'opposé de ceux de David Hamilton.

Materson 2.jpgL'enfance dort ou vit ici avec des animaux en des atmosphères nocturnes mais ouverts. La main enfantine cherche le pelage des bêtes comme si le soyeux la protégeait du temps qui passe et des prédateurs humains. La présence d'une mère est là aussi pour la préserver.

 

 

Materson.jpgExiste une hantise paradoxale, une diaphanéïté, une douceur. L'animal devient une nouvelle version de la bonne suie de Mary Poppins. L'innocence demeure. Elle reste l'envers de ce que le passage du temps indique. Il s'agit de suggérer une caresse "blanche" et éprouver un contact de la même couleur. Le coeur pur de l'enfance résiste à l'âme troublée de la féminité en devenir.

Jean-Paul Gavard-Perret

Erika Materson, "Tangled up in beauty", Soho Gallery, 3 abril au 4 mai 2019.

 

11:41 Publié dans Femmes, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

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