gruyeresuisse

23/03/2019

Gabrielle Jarzynski : modifications

Jarzynski.jpgC'est parce que les histoires d'amour finissent mal en général qu'il faut faire avec. Quitter parfois la gare de Trouville pour retrouver Paris. Mais tout ne s'efface pas comme les paysages qui défilent dans l'Intercité 8479 : "Août venait de s’achever avec notre histoire pendant que je rêvais d’être une chienne attendant d’être assaillie par un mâle." La formule est violente manière de ne pas se laisser envahir de larmes.

Une nouvelle foi l'éros pas plus que les hirondelles ne font le printemps de l'automne.A force d'en laisser tomber au moment ou dehors la pluie " de la vapeur se condensait en fines gouttelettes sur un corps froid". Nul ne sait s'il s'agit du corps de la laissée pour compte ou la vitre du train. Avant d'apprendre qu'il s'agit de l'effet des larmes sur les lunettes de "Mathilde".

Jarzynski 2.jpgPlus question de grimper aux rideaux. Mais l'auteure - qui préfère les jeux des Madame Edwarda que la patience de le Pénélope grecque - ne proposerait-elle son anti-portrait ? C'est plus compliqué que cela. Changeant de lieu (d'un certain culte), la femme d'intérieur (du train) va pouvoir retrouver plus qu'un mince soleil de fin de saison même si celui de l'été a bel et bien disparu. L'objectif est de sortir d'un état de fait même si savoir où cela mène n'a rien d'acquis au sortir du train comme au sortir de nuits d'ivresse.

Jean-Paul Gavard-Perret

Gabrielle Jarzynsli, "Mathilde", estampes de Fil, Atelier Ohilippe Miénnée, Lanouée, 2019

Les commentaires sont fermés.