gruyeresuisse

18/03/2019

André Carrara et le sens du rite

Carrara.jpgLa photographie de mode est devenue un genre noble. Mais elle peut-être dangereuse pour les artistes qui brûlent leur créativité en sacrifiant leur "âme" aux demandes des responsables marketing. André Carrara leur résiste. Chez lui le corps devient une présence silencieuse. Il se dérobe, se refuse puis s'abandonne à l’obscurité et la lumière. L’objectif de l’appareil ne saisit pas un corps, mais  sa part de mystère.

 

 

Carrara 2.jpgLe photographe ne s'est donc pas laissé piéger par les statégies préformatées. Entre ses clichés de création et commerciaux l'écart est des plus minces. Avec lui qu'importe le vêtement : la femme s'étire, s'enroule, se love, se lève. Et l'artiste tient son image hors de l’image attendue. L'intimité semble jaillir du néant.

 

 

 

 

Carrara 3.jpg« Si j’ôte mon chemisier que ferais-je de lui ?" semble demander les modèles au photographe. Son attention la rassure. Parfois dans les épreuves, l'égérie semble absente. Si proche mais si lointaine. Comme encore non révélée jusqu'à ce que l'appareil la saisisse : soudain elle se transforme dans le noir qui fascine et blanc qui tue. Métaphoriquement bien sûr.

Jean-Paul Gavard-Perret

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