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11/03/2019

La peinture comme interface agissante - André Deloar

Deloar 3.jpgAndré Deloar, "Architektur", Espace Schilling, Neuchâtel, du 16 mars au 19 mai 2019

Bandes par bandes et dans un travail des couleurs (jaune, vert, rouge) afin qu'elles deviennent la structure de tels travaux, André Deloar crée un assemblage de structures colorées qui imposent autant l'immobilité que le dynamisme. L’objectif de l’artiste n’est pas de représenter mais de fournir un regard affûté. Celui-ci n’a plus besoin d’autre lieu que celui de l’oeuvre. Elle le situe dans des « espèces d’espaces » de surplombs et d'espace en porte à faux.

 

Deloar 4.pngEntre abstraction et figuration la force des tableaux tient à sa qualité de leurs surfaces multiples. Il y a là à la fois le génie du lieu et la hantise du non-lieu. S’y éprouve un mouvement au sein de la fixité. L’artiste par ses mises en espace mise sur la nudité des formes et leur délocalisation. Elle propose des matériaux comme «soufflés» sur des surfaces en ce qui tient du décrochement figural, de l’engloutissement, de la plongée. Les segments d'architecture expriment l'essence même des formes.

 

Deloae.jpgLes grandes toiles à l'huile ou à l'acrylique imposent une figuration d'éléments de construction. Perspectives, distances, segmentations transforment ce qui pourrait être un bâtiment en une présence picturale au formalisme puissant. L’œuvre garde à ce titre une vocation fabuleuse. Elle fait reculer le chant des certitudes et met une grâce dans les pesanteurs. L'image se manifeste comme apparition mais indique quelque chose qui ne se manifeste pas.

Deloar 2.jpgIl existe là un phénomène indiciaire aussi subtil qu’étrange et qui tient lieu de trouble. Il ne signifie pas simplement: il annonce quelque chose qui se manifeste par quelque chose qui ne se manifeste pas. vraiment. La réalité « vraie » est remplacée par une sorte d’indiscernabilité mise à jour à travers l’épreuve de la disjonction. Elle tient d’un soulèvement, d’une élévation. La révulsion du simple effet de surface joue pour créer une ouverture énigmatique. Le regard devient abyssal face à une oeuvre qui dérobe et se dérobe.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

13:51 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

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