gruyeresuisse

07/03/2019

Surréalisme des grandes surfaces : Nadia Lee Cohen

Nadia-Lee-Cohen 3.jpgLa britannique Nadia Lee Cohen est une photographe et cinéaste basée à Los Angeles. Elle y peauffine sa sidération pour la vie americaine. Plus spécialement celle des banlieues ( zones résidentielles, Malls, etc). Elle y invente des récits. Les héroïnes (ou leurs clones) jouent d'une forme d'évasion sexuelle au milieu d'une culture populaire proche du grotesque et semblent accepter, si nécessaire, de sombrer dedans.

Nadia-Lee-Cohen.jpgLe glamour se transforme sous des mises en scène accrocheuses aux couleurs sursaturées. S'y cache de fait une mélancolie subtile et farceuse. Il s'agit de choquer le spectateur afin que ses tabous vacillent par un jeu entre le fantastique et la réalité, le vivant et l'inanimé sans savoir qui des deux possède réellement une âme. Le quotidien se voit de fait défiguré et le regardeur doit toujours s'interroger pour comprendre la nature exacte des photos et de leurs personnages.

Nadia-Lee-Coehn 2.jpgPour les incarner l'artiste choisit des anonymes qu'elle préfère aux modèles. Tout est fait pour casser les conventions d'une beauté hollywoodienne. David Lynch n'est pas loin. Alfred Hitchcock, Stanley Kubrick, les frères Coen ou, côté photographie Cindy Sherman non plus. Là où dans les films les images ne font que passer, la photographie fixe ses transfuges et permet d’insister sur les stéréotypes de la femme comme du paysage : le second devient portrait et celui-ci devient paysage (ravagé, drôle, décalé ou dérisoire).

Jean-Paul Gavard-Perret

Nadia Lee Cohen, "Not a Retrospective", La Termica, Malaga, du 22 février au 12 mai 2019

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